J'aime : La liberté de penser et d'agir, l'étude des comportements humains, l'expression corporelle, les vielles maisons en pierres apparentes, les regards qui en disent long, la photographie, l'informatique, l'Internet, les mammifères, une bonne bouffe entre copains, un champs de tournesols en fleur, une falaise pendant une tempête, une odeur de terre mouillée, l'odeur du pain qui cuit, la tête d'un chien "qui se pose une question", un rire d'enfant, l'eau calme d'un lac, un mas provençal au milieu des vignes, la tête d'un être cher posée sur mon épaule, m'asseoir en pleine nature et observer comment tout ce petit monde s'active et se côtoie, les photographies de Yann Arthus Bertrand et celles d'Olivier Föllmi, rouler avec la symphonie N°25 (Allegro...) de Mozart dans les oreilles, apprendre, la méditation, discuter avec quelqu'un d'intéressant, le ronron d'un matou, m'allonger dans l'herbe à la cime du puy de Dôme, regarder la danse des parapentes et sourire aux personnes qui sont dans les nacelles des montgolfières, créer n'importe quelle chose tout simplement pour le plaisir de créer, aider les gens, le regard perçant et mystérieux d'un loup, être dans un buron devant un feu de cheminée alors qu'il fait froid et neige dehors, porter un grand pull et des guêtres montées à mi-genoux chez moi l'hiver, le silence des profondeurs, rester en apnée sous l'eau, la beauté des images du film "Le grand bleu", prendre quelqu'un dans mes bras et lui apporter du réconfort, un sourire sincère d'homme avec une fossette au dessus de la commissures des lèvres, le corps d'un homme qui ne se laisse pas aller, préparer une surprise à quelqu'un que j'aime bien, offrir des fleurs dont j'ai composé le bouquet, les mets de ma grand-mère, les poissons multicolores dans la baie d'Hyères, l'histoire du peuple amérindien, innover. Rentrer au chaud le soir, après une randonnée pédestre dans le froid et le vent, et sentir mes membres se réchauffer et la fatigue se faire sentir. Me glisser sous une énorme couette, dans une pièce froide, et m’endormir. L’odeur ambiante avant la pluie et celle qui émerge de la terre après celle-ci. L’odeur de la résine sur le tronc d’un pin. Me promener dans les allées d’un potager et tenter de reconnaître chaque légume ou herbe que je vois, et humer l’air ambiant en reconnaissant tel ou tel parfum de tel ou tel végétal. L’agilité et la puissance d’un léopard dans sa course effrénée vers sa proie. Les pattes potelées des félins. Caresser, d’un unique doigt, en partant du haut de la truffe d’un chat qui se prélasse au soleil en remontant entre ses oreilles. Gratouiller le cou et la glotte d’un chat et l’entendre ronronner de plaisir. Regarder la forme des nuages en me disant que quelque part dans le monde des milliers de gens font la même chose que moi à cet instant précis ; imaginer leur vie, leurs coutumes, leurs goûts et tout ce qui fait qu’ils sont eux. Découvrir une nouvelle chose et apprendre à la connaître. Rencontrer de nouvelles personnes et apprendre à les connaître. Essayer de converser avec quelqu’un qui parle une autre langue que la mienne ; comprendre et connaître sa vie, ses joies, ses peines… et tout ce qui fait de lui ce qu’il est. M’asseoir en tailleur et écouter des joueurs de djembe, des chansons africaines et ressentir toute la puissance de nos origines. J’aime transformer ma voix et chanter en faisant l’andouille. J’aime, dans une assemblée, demander le silence pour que je puisse porter un toast et faire lever tout le monde juste pour que je dise : « JE porte un toast à………… Moi ! » et me rasseoir en entendant les gens rire parce qu’ils se sont fait « avoir ». J’aime la tête d’une sympathique et paisible vache qui mastique l’herbe qu’elle a dans la gueule, un mur recouvert de vigne vierge, l’odeur du « pschitt » anti-tabac. J’aime écrire avec un bon stylo sur du beau papier juste parce que le crayon glisse bien, les prénoms masculins Pierre et Gabriel. J’aime la philosophie indienne et chinoise. J’aime rentrer dans une boulangerie et sentir l’odeur du pain tout chaud qui vient de sortir du four, mettre un carton en miettes en essayant de déchirer des rectangles de même grandeur, déshabiller la monnaie-du-pape, marcher sous la pluie. J’aime, quand dans le noir, mes yeux s’habituent à l’obscurité. J’aime quand l’hiver ressemble à l’hiver, les couleurs flamboyantes de l’automne, observer un rapace diurne quand j’émets des petits bruits et qu’il réagit, le vol magnifique et parfaitement ordonné d’une bande d’oiseaux migrateurs dans le ciel, entendre le chant des oiseaux au petit matin, me coucher quand je tombe de sommeil et que je n’arrive pas à garder les yeux ouverts, l’odeur qu’il y a dans une forêt de conifères , le bruit que la vapeur fait en passant par le petit trou du chapeau d’une cocotte minute, l’odeur qu’il y a dans une cave digne de ce nom. J’aime quand ceux que j’aime sont heureux et ris aux éclats, mettre mes mains dans de la pâte bien « belle » et l’étaler avec un bon vieux rouleau à pâtisserie, entendre un V-max qui démarre mais aussi son « ronron » quand il est au point mort, piloter une moto et voir jusqu’où ma hardiesse peut aller, ouvrir une vieille boîte et y trouver des choses que j’avais mise dedans des années auparavant, boire de l’eau à la bouteille, regarder un bon film vautrée et emmitouflée sur un canapé bien moelleux. J’aime les bleus, les gris, les beiges, le jaune bouton d’or, le rouille, les marrons. J’aime m’habiller en « crados » pour traîner chez moi ou aller me balader dans la nature, la texture de la glaise quand je la pétris et la compresse entre mes doigts.
J’aime les formes arrondies qui me font penser à la douceur et à la plénitude, le noir de Mars car quand je me concentre sur lui il me semble apercevoir du rouge, deviner le mélange des couleurs quand je vois telle ou telle teinte, la chaleur que dégage un chalet de montagne, faire croustiller une tranche de pain de campagne piquée sur un bout de bois à même les flammes d’un feu de cheminée, l’été boire un grand verre de lait frais. J’aime sortir de la douche et m’emmitoufler dans un grand peignoir en éponge, l’odeur des crêpes chaudes, l’étymologie des mots et l’origine des noms de rue, l’odeur du linge qui a séché dehors, entendre le son de la cloche de l’église d’un petit village. J’aime quand le temps se réchauffe et fait craquer les pommes de pin, quand j’arrive à résoudre un problème informatique, quand j’ai terminé une toile et que je l’abandonne du regard pendant quelques jours, la redécouvrir. J’aime quand dans un restaurant je choisis un plat que je ne connais pas et goûte à tout ce qu’il y a dans l’assiette, ressentir la paix en moi et constater que le monde tout autour se presse et s’agite. J’aime les gens posés, positifs, souriants et qui critiquent objectivement. J’aime les clairs-obscurs de Rembrandt et les couleurs lisses de Dali, l’odeur de l’encens Nag Champa parce qu’elle me fait penser à la douceur du miel et aux voyages. J’aime, quand je rentre par l’autoroute, admirer la beauté de la chaîne des dômes ; je me sens bien ! J’aime quand la nature se réveille au printemps, les branches dont les bourgeons fleurissent, les petits oiseaux qui s’activent et se « draguent ». J’aime la complicité qui existe entre deux êtres ; pas besoin de parler pour se comprendre, donc pas besoin d’être de la même espèce ou de la même race. J’aime être dans l’ambiance d’une pièce éclairée par des bougies, les « 3 coups » qui précèdent le levé de rideau d’une pièce de théâtre, un homme qui porte de la belle lingerie, sentir n’importe quelle partie de mon corps quand je me concentre sur elle.
Je suis contente de moi quand j’ai réussi à faire tout ce que j’avais de prévu dans une journée. J’aimais quand ma meilleure amie venait tous les soirs à l’hôpital pour boire une tisane en ma compagnie. J’aime me réveiller le matin et constater que ma nuit a été réparatrice et que je n’ai plus du tout de sensation de sommeil.